LE MESNIL BOEUFS Isigny le Buat

Publié par Georges DODEMAN

LE MESNIL BOEUFS Isigny le Buat
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Le Mesnil-Boeufs

Un beau casse-tête pour la toponymie que de retrouver l'origine du nom original de cette paroisse dont le préfixe « Mesnil » veut dire château ; mais pour le reste? En 1631, il est dit « Maini Beuf », en 1701 « Ménibeux », en 1798 « Sactus Bricius de Mesnil-Lobovis ». Cette petite paroisse (450 hectares) est arrosée par l'Oir et le ruisseau des Violettes qui la sépare de Montigny.

Sous l'Ancien Régime, elle était composée de trois fiefs : le premier fut uni jusqu'en 1570 à celui de Saint-Hilaire, son manoir se situant face à l'église actuelle. Il passa ensuite au second grand fief de la paroisse, celui du Bois-Tyrel, une vavassorie noble qui fut fidèle à la France durant la Guerre de Cent Ans, en payant les pots cassés (son seigneur, prisonnier, dût vendre ses terres sur Parigny), mais en récoltant aussi le fruit, accueillant selon toute vraisemblance en 1470 Louis XI de passage sur sa route de pèlerinage vers le Mont-St-Michel. Ensuite le fief fut aux Gaudin, puis aux Clouard de la Fauconnière (originaires de St-James, ce dernier ancien conseiller à la Cour des Comptes) dont le petit-fils Albert Lebrun de Blon vendit le château en 1880 à Mme de Villaine. Cette dernière le transmit en 1922 au comte de Beaulaincourt, famille qui l'habite toujours. Enfin, un dernier petit fief appartenant aux Tyrel jusqu'en 1523 s'établissait à la Bahonnière.

A la Révolution, le curé François-René Hesloin (originaire de la paroisse en 1757) et son vicaire Jacques Bouffaré, refusèrent le serment à la Constitution civile du clergé de 1791. Ils émigrèrent vers la Grande-Bretagne en 1792 et furent remplacés par l’abbé Sauvé. Mais ce fut ce même abbé Heslouin qui, en 1802, réouvrit l'église, s'installant même dans la vie locale comme conseiller municipal.

L'église qui datait du VIIIème siècle (reconstruite en 1700 si l'on en croit le linteau de la sacristie) fut dépouillée et dévastée en 1794, et durant ces années terribles, toute la région fut sous la menace à la fois des Chouans et des troupes républicaines. En 1795, François Paul Certain, châtelain du Bois-Tyrel, fut victime de ces tristes moments de notre Histoire, retrouvé percé de trois coups de baïonnette dans son étang tué par les chouans, sans doute pour avoir trop parlé sous la pression des Républicains.

Le Mesnil Bœufs dans le XIXème siècle

D’après les archives, on sait que le premier conseil municipal se réunit en avril 1803 avec comme premier maire, Pierre Auguste Clouard de la Fauconnière (1812-1828).

Grâce aux visites épiscopales (Mgr Huet), on sait qu'en 1694, il n'y avait pas encore d'école, mais son successeur en 1764 en relevait déjà deux : celle des garçons servie par le curé, et celle de filles par Anne Leménager. Ce fut donc une des préoccupations immédiates de la nouvelle municipalité. L'institutrice Renée Leprieur avait 23 élèves en 1818, et sous l'impulsion de Jacques-Philippe Guilmard, maire d'Isigny depuis 1831, l'école se regroupa avec Naftel, Mesnil-Thébault et Isigny, ce qui se comprend car il y avait déjà plus de 400 habitants en 1836.

Durant tout le XIXème siècle, les élus successifs : René Jouenne (1828-1848), Pierre Touroul père (1848-1860), Pierre Touroul fils ( 1860-1914) s'occupèrent des indigents (une dizaine en 1862) ; ils se montrèrent favorables au chemin de fer (décision du conseil municipal du 31 octobre 1875) amenant, le 16 octobre 1889, le passage en gare, du premier train de la ligne Domfront-Saint-Hilaire-Avranches, passant rapidement à une dizaine de passages quotidiens. Quand on chemine sur la nouvelle « voie verte », on peut encore imaginer le trafic ferroviaire qui ne s'acheva qu'en 1989 ; il n'y avait plus alorsque des marchandises et en particulier dans les décennies 1960-1980, un important trafic de métaux à raison de 4 wagons de 50 tonnes par jour, vers les hauts-fourneaux de Caen par jour.

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Vous trouverez à la fin de cet article un grand nombre de photos sur le Mesnil Boeufs

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Le Mesnil Bœufs dans le XXème siècle

Le 20 mai 1900, Pierre Touroul fils fut réélu maire avec comme adjoint Louis Perrouault jusqu’en 1908, puis ensuite Auguste Lefranc.

En 1913, le rapport de l'institutrice, Mlle Garnier, notait 262 habitants, 80 chevaux, une activité essentiellement agricole. Ce document (voir encadré ci-après) montre une commune bien désenclavée, possédant 8 km de chemins vicinaux ouverts avant 1840 et entretenus par un cantonnier à hauteur de 75 jours par an, la route de Montigny ayant été classée et entretenue par le département dès 1861.

Les habitants sont essentiellement agriculteurs (23 propriétaires, 48 fermiers, chiffres à comparer : 18 exploitations en 1978...4 en 2013 ! cultivant, sur les 450 hectares de la commune, 355 de céréales, 43 de prairies, 35 de vergers).

En 2013, les 4 exploitations sont gérées par : Jean, Jocelyne et Ludovic Fortin, Jean Michel Orain, Sylvie et Marcel Lemeteyer, Jacky et Yvette James).

Depuis 1880-1890, grâce aux gares du Pont d'Oir et du Mesnil Bœufs, les engrais sont généralisés, la traction animale est fournie par 80 chevaux, les 18 charrues-brabant montrent que les exploitants ont a su prendre le train de la modernisation. Il y a un cheptel important : 58 bœufs, 205 vaches, 180 moutons, 250 porcs, 128 ruches dont 18 « à cadre » ; les produits et animaux sont évidemment destinés à la vente sur les marchés de la région, Saint-Hilaire principalement.

le bourg est très fréquenté car il y a trois épiciers-aubergistes, 3 charpentiers, 2 couvreurs, un charron, deux cordonniers, 1 tisserand, 5 couturières.

Depuis 1870 le facteur dessert Isigny-Naftel-Mesnil-Boeufs à vélo tous les jours ; gros progrès car avant (depuis 1830 environ), il n'y avait que deux facteurs qui partaient de Saint-Hilaire pour faire une dizaine de communes, et qui couchaient en route chez l'habitant pour ne rentrer à la poste que tous les deux trois jours !

Débuter dans la vie avant la Grande Guerre

On en a souvent parlé dans nos précédents ouvrages (Saint-Hilaire au fil du temps 2006, les associations 2008, le canton 2011) le rapport que chaque instituteur devait, en 1913 remettre à l'Académie est une « mine » de renseignements sur ce qu'était la vie au XIXème siècle, sachant, selon la formule consacrée que celui-ci ne se termina vraiment qu'en août 1914.

Ces véritables « photographies » de chaque commune valaient surtout, ce qu'en faisaient les instituteurs qui devaient les rédiger. Certains, sûrement pas le plus grand nombre, furent « bâclés » comme on dit, mais en général ils furent exhaustifs et précis, chacun des rédacteurs y mettant « sa touche ». Au Mesnil Bœufs, Mlle Garnier a non seulement donné un cliché statistique très précis de la commune qui lui était confiée, mais surtout (est-ce parce qu'il s'agissait d'une jeune femme ?) elle a particulièrement soigné l'aspect sociologique sinon social de ce petit bout de Mortainais, s'attachant à relever la condition et le salaire de chacun.

Dans cette population essentiellement rurale il y avait 23 propriétaires et 48 fermiers entretenant 24 domestiques dont 7 femmes. Le « louage » était de 400 F nourri-logé-blanchi, un journalier pris son nom l'indique à la journée touchant 1,25 F. Chiffre à comparer avec celui d'un ouvrier-charron qui, lui, touchait 2,50 F avec la nourriture et des horaires de 10 à 11 h par jour, six jours sur sept.

L'apprentissage chez les artisans était généralisé, ici il y avait 5 couturières tant « en robe » c'est à dire travaillant à domicile, notamment sur les trousseaux, qu'itinérantes se rendant quelques jours par an dans les fermes. Une jeune fille s'engageant dans ce métier, même si elle avait appris quelques rudiments de raccommodage près de sa mère comme on en faisait un peu partout notamment le soir à la veillée, se devait d'entrer chez une couturière confirmée qui lui apprendrait le métier. Le première année ses parents versaient 50 F et la jeune fille devait donner un an de travail gratuit. La seconde année, elle se perfectionnait toujours gratuitement, et si tout se passait bien recevait 50 F, en quelque sorte l'avance fournie par sa famille. La troisième année, elle était enfin rémunérée 0,25 F par jour, plus la « façon » de son travail, mais la couturière prenait 0,40 F sur ce travail, et encore 1 F par jour pour la nourriture. A ce moment, la jeune fille, âgée d'environ 18 ans était déjà, après trois ans experte en travaux et « bonne à marier », ne se priant pas pour aller exercer son adresse ailleurs.

Les municipalités des débuts du vingtième siècle avant la Grande Guerre (qui fit 9 morts au Mesnil Bœufs) furent administrées par : Auguste Lefranc du 22/02/1914 au 1/08/1914 (mobilisé),

Firmin Boulet du 1/08/1914 au 23/07/1916,

Pierre Touroul du 27/02/1916 au 23/07/1916 (il a été le doyen des maires de France),

Mazier du 23/07/1916 jusqu’en juillet 1917,

Firmin Boulet de retour du front de juillet 1917 au 10/12/1919

Auguste Lefranc reprendra sa place maire le 10/12/1919 jusqu’au 23/11/1954 avec comme adjoint Firmin Boulet.

En 1931 il faut noter la cession gratuite de terrains pour élargissement du chemin rural traversant les villages de la Hosseraie, le Cassel , la Martinière, le Vaubert. Les 45 habitants sont engloutis dans la boue une grande partie de l’année et les enfants ne peuvent pas facilement aller à l’école, ce qui explique l’urgence de ces travaux.

En 1935, comme beaucoup de collectivités de la région, le conseil démissionna dans son entier pour soutenir les revendications des bouilleurs de cru.

En 1936 le conseil approuva le projet électrification des écarts ruraux ; l’année suivante, l’adjoint au maire, Armand Macé sera élu en remplacement de Firmin Boulet, décédé le 26 janvier 1936.

La guerre fit un mort (Paul Poirier ; on fêta la Libération comme partout avec allégresse, faisant cortège le 31 juillet, vers la statue de Notre-Dame-de-Boulogne quand elle fit étape au Bois-Tyrel, allant vers Ducey par Chalandrey.

De cette période troublée, (voir aussi le château du Bois-Tyrel) il faut retenir que des bombes tombèrent au carrefour de l'Aumône, la Touroullière, la Hosseraie et que les vitraux de l'église furent cassés, étant remplacés par du glui. Des réfugiés venus des combats de St-Lô et de Carentan se terraient à l'Aunay et la Bahonnière.

On sentit bien qu'une page se tournait. La vie du village se situait autour de la mairie située plus ou moins à l'école où le maire officiait sur une petite table au fond de la classe, mais surtout à partir de son domicile de la Bahonnière jusqu'à sa mort en 1954. La maison commune se transporta alors au presbytère, le curé Pigeon ne l’occupant pas (se référer à notre article sur l'église). le dernier curé résident étant l'abbé Jeanne, parti à Parigny en 1917.

La bourgade s'animait aux messes dominicales, autour de l'épicerie Levallois, ménage pittoresque dont le mari, cordonnier, avait perdu une jambe dans les tranchées, et dont l'épouse faisait également cantine pour les enfants habitant les écarts. Certains de ces « pensionnaires », désormais âgés, se souviennent avec émotion de la manière « sans façons » dont la cuisinière mélangeait et réchauffait le fricot préparé amoureusement par les mères de familles : le rôti avoisinait la langue de bœuf sauce piquante et la tête de veau vinaigrette pour former un « arlequin » parfois aussi savoureux qu'inattendu !

Les élections passionnaient les familles, les jeunes gens plutôt que le bal qui était « mal vu », faisaient rencontre lors de longues virées à vélo qui les emmenaient bien loin pour nous : à Saint-Hilaire, à Ducey, à Avranches. Mais dans cet univers exclusivement rural c'est surtout dans les grandes corvées de mécanique que les filles faisaient connaissance des « gars », leur apportant, sous la canicule, les pichets de « bon bère » qui déliait les langues et les préjugés. On suivait les fêtes religieuses encore grandioses comme la Fête Dieu, les Rogations, ou les tournées des conscrits ayant passé avec succès le fameux « conseil de révision ». Les heureux titulaires du macaron « bon pour le service » (valant aussi pour un officieux « bon pour les filles ») faisaient la nouba, apportaient le bouquet aux conscrites, à charge pour les hôtes, sous peine de charivari, de payer la bolée ou le repas. Dans ces petites communes où tout le monde se connaissait, ces traditions passaient fort bien avec comme moindre mal le fameux « coup de pied de barrique » du lendemain.

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Les évènements d’après guerre

Les grands faits de l’après guerre : en 1947 réélection d’Auguste Lefranc avec comme adjoint Armand Fauchon ; en 1952 les riverains des chemins de la Martinière, participent à la construction de cette voie et sont félicités comme il se doit par le conseil municipal.

En 1954 : décès le 7 décembre à 77 ans d’Auguste Lefranc, maire depuis 40 ans ; lui succède début 1955 Armand Fauchon du 30/01/1955 au 25/06/1971, avec comme adjoint René Gloria.

Cette mandature verra à partir de 1965 le goudronnage des chemins pour améliorer le confort des voitures avec des accès aux villages des Vaux, du Châtelier, de Launay, du bourg, de la Frémondière, la Martinière, la Hosseraie, la Touroulière, la Bahonnière et la gare; en 1966 une subvention sera accordée au tennis de table d’Isigny, car des représentants du Mesnil Bœufs en sont les plus vaillants membres (Daniel Fauchon, Philippe Gloria, Albert Vaudouer, Louis Paimblanc, René Lelandais).

La fermeture de l'école en 1971 (8 élèves avec comme institutrice Mme Odile Cahu, en poste depuis 1968), ne fit que confirmer l'intention des élus déjà manifestée un peu plus tôt de réunir dans un même ensemble toutes les communes du canton.

Maire trente ans, de 1971 à 2001, René Gloria avec son adjoint Louis Detoc, s'attaque aux problèmes d'adduction d'eau, de remembrement, d’aménagement de l’école en salle polyvalente et mairie (1992-1993) mais aussi à la vente du presbytère en 1998.

René Gloria fut bien sûr de l'équipe qui lança les « vingt glorieuses » de la commune-canton en 1973, ensuite ternies par le projet d'installation du centre d'enfouissement dont les péripéties émaillèrent en gros les deux décennies suivantes avec manifestations...et conséquences dans la vie municipale puisque ce fut le président de l'association de lutte contre le centre (ASPIB : Association pour la Sauvegarde du Pays d’Isigny le Buat) Michel Lejuez (2001-2008) qui emporta, dans la foulée, la mairie.

Il résume pour nous ces temps difficiles et d'adversité : « je me suis efforcé d'amener les citoyens à échanger et participer à une vie commune dans l'esprit de village , sachant que nous étions membres d'une collectivité un peu particulière ; celle d'une commune canton. J'ai souhaité ouvrir l'espace citoyen par la journée mairie ouverte . J'ai mis sur pied l'ouverture du dossier de la réorganisation de l'espace public église et mairie pour faciliter le stationnement et l'accès aux locaux . La salle communale , lieu de communication par excellence , nécessitait un agrandissement et un réaménagement; j'en ai instruit le dossier. Au cours de mon mandat, j'assurais également la présidence de l'ASPIB, ce qui rendit souvent les relations difficiles dans l'enceinte du conseil municipal d'Isigny le Buat. Je me suis efforcé d'imposer un débat public au service de tous les citoyens sans permettre que les habitués de l'ancienne équipe puissent traiter les affaires communales en comité restreint. ( relations avec le préfet, dossier CET, équilibre entre les 10 communes associées.) J'ai proposé la création d'un comité d'animation et de loisirs pour le Mesnil Boeufs chargé d'organiser et de maintenir des activités à l'intention des familles de notre village du Mesnil Boeufs . ( randonnées, repas rencontres, sortie vélo...) Je pense qu'à l'époque 1973-2000, les intérêts de notre commune associée étaient conditionnés par l'envolée économique de la commune canton et que l'influence du conseiller général , maire subordonnait excessivement les maires délégués . Le statut de commune associée s'est effectué de façon assez abrupte, sans participation de la population ».

Son successeur, Odette Lemaître (2008-2014) fait un constat moins amer, tempéré par le temps qui passe : “Le Mesnil-Boeufs aujourd'hui ce sont 200 habitants, une population vieillissante, quelques constructions par des jeunes sur la D 47 ; mais cette nouvelle population, à quelques exceptions près, n'adhère plus à l'esprit de village de la génération précédente. Comme pour les autres communes, tout se décide à Isigny ; sous mon mandat, la salle communale a été remise aux normes ; l'aménagement du bourg et du cimetière ont été réalisés ainsi qu’un accès piétonnier vers l’entrée du Bois Tyrel.

Dans l'esprit des nouveaux arrivants, Mesnil Boeufs, du fait de sa proximité, est un peu comme le Buat, rattaché à Isigny. Je crains qu'avec la réforme territoriale qui se dessine et qui va faire perdre à la commune-canton ce qui faisait son originalité, le contact, le relationnel et la proximité avec les habitants (ce que j'ai beaucoup apprécié dans ma fonction de maire-délégué) ne disparaissent petit à petit».

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Le château du Bois-Tyrel

ontrairement à ce qu'on pourrait croire de nos jours, le château du Bois-Tyrel n'est en rien celui du fief principal du Mesnil-Boeufs (1). Il s'agit de celui d'une vavassorie noble à la tête de neuf aînesses (2), refait juste avant la Révolution, sur les ruines d’un ancien manoir par l'écuyer François-Paul Certain, époux de Marie-Anne de la Faucherie. D'une famille connue anciennement dans le comté de Mortain, l'écuyer Certain fut tué par les chouans en 1795, percé de trois coups de baïonnette dans son étang, sans doute d’avoir trop parlé sous la pression des Républicains.

Il doit son nom aux Tyrel, famille contemporaine du Conquérant, dont il est dit qu'un membre envoya la flèche mortelle qui, au cours d'une chasse en Angleterre coûta la vie à Guillaume le Roux, fils du conquérant de l’Angleterre. Ces Tyrel s'étaient maintenus jusqu'au XIIème siècle dans le fief principal ; ensuite, ses derniers représentants se replièrent jusqu'au XVIème siècle, sur ce fief du Bois-Tyrel et à la Bahonnière.

Le château que l'on peut voir actuellement a longtemps été renommé pour ses avenues, portées sur les cartes de Cassini, et qui ont grandement souffert (800 arbres abattus, 4 maisons, 4 bâtiments agricoles détruits) lors de la tempête du siècle en décembre 1999.

(1) : le manoir de ce fief principal était situé face au portail de l'église, à l'emplacement de la ferme Garnier. Il est parfaitement décrit dans le célèbre (pour les historiens) inventaire dressé en 1738 à la mort de René Gaudin du Plessis, ancêtre des de Villaine actuels, vieille famille de l'Avranchin.

(2) : du droit que l'aîné avait en priorité de prendre la succession de ses parents, et par extension, les terres y étant rattachées.

Cette belle demeure fut habitée par l'érudit Pierre-Auguste Clouard de la Fauconnière (décédé en 1828 dont la tombe est visible au cimetière) ; sa fille et son gendre M. Le Brun de Blon, reprirent le château qui fut vendu en 1880 à Mme Marie Pauline de Vedel épouse d'Auguste Gaudin de Villaine ; M. Albéric de Beaulaincourt en devint le propriétaire le 8 avril 1922 ; le château est encore de nos jours dans cette famille ; le fils d’Albéric, Xavier de Beaulaincourt (1), secrétaire particulier du général de Gaulle reçut le général qui y déjeuna même lors de sa visite au département de la Manche en 1950, accompagné de son aide de camp le colonel de Bonneval.

Pendant la guerre, la vieille demeure vit alternativement passer...un officier français venu se déguiser en civil...puis des officiers autrichiens particulièrement corrects. Ils avaient été accueillis plutôt fraîchement par le comte Albéric de Beaulaincourt (2) lequel, comme beaucoup d'anciens de la Grande Guerre nourrissait quelques ressentiments contre les Allemands.

(1) : Xavier de Beaulaincourt (1920-2003), après St-Cyr, prisonnier pendant la bataille de France, put s'échapper et rejoindre la Résistance. Il entra au service du général de Gaulle de 1946 jusqu’à la mort du général (1971). Familier de la Boisserie, il resta un an au service de Mme de Gaulle, puis au Ministère de la Coopération jusqu'à sa retraite en 1982 où il rejoignit définitivement le Bois-Tyrel.

(2) : le souvenir du comte Albéric de Beaulaincourt est encore très présent chez les plus anciens habitants de la commune qui évoquent sa simplicité, ses fréquents déplacements sur son grand cheval noir nommé « Lapin ».

Le 15 août 1943, un grand reposoir y fût installé dans l'espoir de la fin du conflit, et après la Libération (1), le 31 juillet 1945, la statue de N.D. De Boulogne y fit étape, venant de Saint-Hilaire, en présence d'une foule énorme, les stalles des écuries du château étant réquisitionnées comme autant de confessionnaux ! La statue de la vierge resta toute la nuit au château et le lendemain la procession reprit sa route vers Ducey, en passant par Chalandrey. Pour l’occasion, Clément Chesnel avait électrifié l’avenue et installé une croix lumineuse sur le château.

(1) : le château fut longtemps, pendant la guerre, un des bureaux de l'organisation Todt qui construisait les ouvrages du Mur de l'Atlantique, mais aussi siège d'un redoutable tribunal militaire qui fit fusiller un soldat allemand. Libérés les 30 et 31 juillet, dès le 1er août, les habitants vinrent y fleurir les premiers GMC américains abrités sous les arbres des avenues. Furent immédiatement installés des batteries de DCA ; Mme de Beaulaincourt possède encore les maquettes d'avions US servant à l'instruction des artilleurs pour éviter qu'ils ne « descendent » accidentellement « forteresses volantes » et autres B 24 ! Du 2 au 12 août tous les alentours étaient encombrés de matériel et c'est dans ses murs que le général Omar Bradley attendit le dénouement de la bataille de Mortain. S'y cachèrent également de nombreux déserteurs dont le fameux Polonais Thomas Kutnick qui y resta jardinier jusque dans les années 50 !

LE MESNIL BOEUFS Isigny le Buat
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L'église

bel exemple de l'architecture du Mortainais

'écclésiole du Mesnil-Boeufs, dans sa simplicité, illustre bien de ce que devaient être les premières cures de campagne « en dur », après l'An Mil quand, selon la belle formule du moine Raoul Glaber « la France se couvrit d'un blanc manteau d'églises ». Sans doute contemporaine d'Isigny, la paroisse date des VIIème ou VIIIème siècles avec une église primitive en bois, puis en pierre dès que s'affermit le pouvoir de la Normandie ducale, et après 1202, celle du Roi de France Philippe-Auguste.

Relevant sous l'Ancien Régime du doyenné de Saint-Hilaire, elle est sous le patronage de St-Brice, un des fidèles lieutenants de St-Martin, le grand évangélisateur de l'Ouest. Un moment, au XIVème, elle fut donnée à l'abbaye du Mont par le seigneur local Robert Tyrel, puis rétrocédée à Avranches avant de retrouver une logique géographique en revenant dans le giron de Saint-Hilaire au moment de la réunification des fiefs.

C'était une grosse cure jouissant de toutes ses dîmes et aumônes, d'un assez bon revenu, mais sur un territoire assez restreint. On obligeait le curé à assurer l’emploi d’un vicaire, mais aussi l'entretien et la réparation du chœur. La visite épiscopale de Mgr Daniel Huet en 1694 montre une église nécessitant des réparations, église de 280 communiants, soit à peu près le nombre d'habitants ; pas de chapelle, ni d'école.

En 1743, le curé Jacques Muris fut si mal reçu par les habitants... qu'il en mourut, selon l'acte de décès établi par son successeur François Grossin qui accueillit Mgr Durand de Missy en 1748, aigrement sans doute, malgré les 300 communiants présents. Car il y a dispute sur les réparations de l'église...On l'a vu plus haut, il n'était sans doute pas facile de délimiter jusqu'où curé et paroissiens devaient participer à l'entretien d'une église refaite finalement en 1782.

La première maîtresse d'école, Anne Lemesnager est signalée en 1763, sans doute pour les fillettes, les vicaires se réservant habituellement dans la région l'enseignement des garçons dès la Contre-Réforme, soit un siècle plus tôt.

Cette église toute simple avec sa voûte traditionnelle en bois, possède un retable à l'image de la Résurrection, des chapelles (faites en 1900) vouées à la Ste-Vierge et à St-Fortunat, des statues naïves de St-Brice et de St-Jean Baptiste. Son clocher en bois est typique des plus anciens du Mortainais et exigea en 1920 d'importants travaux de consolidation renouvelés en 1950 (1), car il oscillait dangereusement quand le sonneur s'y prenait un peu trop vigoureusement, par exemple lors des mariages bien arrosés comme on le sait !

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A la Révolution elle fut dépouillée, mais peu sinistrée et remise en état avec l'aide des paroissiens par son ancien curé François Hesloin qui la reprit en main après le Concordat et jusqu'à sa mort en 1841. Lors de la Séparation le 10 février 1906, l'agent du fisc fut arrêté à la barrière par l'abbé Jeanne qui lut une protestation applaudie par tous les habitants. Les portes de l'église avaient été soigneusement barricadées, l'inventaire ne put avoir lieu.

(1) : Pendant que les cloches déposées attendaient silencieuses dans l'église, le curé en a relevé les inscriptions suivantes :

Sur le bronze de la grosse on peut lire : « Je m'appelle Marie-Anne, nommée par M. Le Brun de Blon Marie-Emilien, membre du Conseil municipal de Mesnil-Boeufs et par Mme Aline-Victoire Clouard de la Fauconnière, son épouse, M. Brazard Pre-Jer curé. Pour ces cloches, les frères questeurs sont Mrs Touroul Pre maire, Goupil Gme adjoint, Touroul Jh conseiller municipal de cette commune, M. Touroul Hre fils, secrétaire de mairie, 1853, fondue par Paul Havard, Villedieu. »

Voici l'inscription de la seconde cloche: « Je m'appelle Augustine-Jeanne, nommée par M. Auguste Touroul fils, Jh. propre à Mesnil-Boeufs et par Mlle Jeanne Touroul, fille de M. Pre Touroul maire, bénite par M. Pre-Juen Brazard, curé de Mesnil-Boeufs, 1853, fondue par Paul Havard à Villedieu. »

La vie religieuse

omme à la Mancellière toute proche il est difficile de ne pas évoquer la haute figure de son dernier curé, Augustin Pigeon dont le long bail ici (de 1929 à 1980) reste encore bien présent à la mémoire des plus anciens paroissiens. On se souvient de sa longue silhouette arpentant la lisière des deux paroisses à la tombée de la nuit, le bréviaire à la main. Le catéchisme, à l'époque était quasi aussi important que l'école, et l'examen préparatoire à la communion solennelle presque plus dur que le fameux « Certificat » conclusion de plusieurs années de « Communale ».

Les enfants du Mesnil-Boeufs, plus dociles que ceux de la Mancellière étaient requis pour ramasser les pommes du presbytère et se faisaient transporter sur place dans sa fameuse 2 CV rouge (voir notre évocation dans la Mancellière). En échange, ils coupaient à une séance d’« histoire sainte » et pouvaient aller jouer un moment dans les bois de M. de Beaulaincourt tout proches, étant rappelés à la cloche, et sans retard car le saint homme avait...la main leste ! Paradoxalement, il était plus apprécié au Mesnil-Boeufs où les habitants avaient plaisir à le recevoir, à leur table chacun leur tour, après la messe... « mais faut dire aussi, nous précisa malicieusement un vieux paroissien lors de notre visite que contrairement à la Mancellière, nous on l'avait pas sur le dos toute la semaine » !

A cette époque, dans l'immédiat après-guerre, la vie religieuse rythmait encore la vie de la petite commune : la Fête-Dieu était un événement, le reposoir devant le monument aux morts ravissait les enfants qui jetaient « à panerées » des pétales de fleurs. Les Rogations, fête propitiatoire pour la protection des récoltes, emmenait tous les habitants derrière la croix et la bannière en chantant « ora pro nobis » et ses répons s'égrenaient paisiblement dans la campagne au rythme lent de la procession. « On partait, nous explique Jeanne Garnier de l'église pour aller au château, pour rendre visite, chacun leur tour une fois par an, à tous les grands calvaires de la paroisse.

En 1994, toutes les paroisses de la commune-canton furent réunifiées sous le nom de « paroisse Saint-Martin d'Isigny »...englobée désormais et définitivement administrée directement de Saint-Hilaire, la pénurie de prêtres étant passée par là, directement de Saint-Hilaire ! Du haut du ciel, le brave curé Pigeon doit en froncer le sourcil, lui qui déjà, dans les années cinquante (voir la Mancellière) avait déjà bien du mal à admettre que le football vide son église à l'heure des vêpres !

L’école du Mesnil Boeufs

Il faut examiner les archives paroissiales pour noter qu'en 1763, il y avait déjà une école au Mesnil-Boeufs, tenue par Anne Lemesnager, ce qui s'explique par l'importance de la cure qui jouissait de toutes les dîmes et donc d'un revenu relativement important en relation avec son petit territoire.

On doit sûrement au curé Heslouin, de retour d'Angleterre au Concordat en 1802 et tenu en forte estime par ses paroissiens puisque élu au conseil municipal par la suite, d'avoir relevé sur un long laps de temps (il est mort en 1841) la paroisse et donc l'école tenue depuis la Révolution par Renée Leprieur. En 1818, elle apprenait la lecture à 23 élèves, mais donnait également des soins aux malades. En 1830, lui succéda Sœur Danguy qui exerçait dans un petit local à office de boulangerie dépendant du château, situé à 50 m de l’école, là où se situe l’actuelle mairie ; elle faisait l'école alternativement aux filles et aux garçons le matin et l'après-midi, jusqu'en 1841 au moins pour les filles, car depuis 1835, les garçons devaient suivre les cours de l'instituteur Louvet à Isigny.

LE MESNIL BOEUFS Isigny le Buat

En effet, depuis 1836, à l'initiative de Jacques Guilmard (maire d'Isigny depuis 1831), l'école du Grand Chemin regroupait les écoliers de Mesnil-Thébault, le Buat, Mesnil-Boeufs, Naftel, Isigny. En ce sens, cet ancien officier de l'Empire fut assurément le premier précurseur de l'intercommunalité pionnière qui fut une caractéristique d'Isigny, un bon siècle plus tard !

Les fillettes restèrent donc au Mesnil-Boeufs avec sœur Danguy jusqu'en 1849, date à laquelle le curé fit installer une école mixte dans le jardin du presbytère avec les sœurs Lebeurrier (jusqu'en 1877) puis Tencé (jusqu'en 1888). Tout cela avec l'assentiment de la commune car il y avait 45 élèves en 1860.

En 1881, le sous-préfet de Mortain donna l'impulsion du projet d'école mixte qui ne fut approuvé qu'en 1887 par le Ministère, et opérationnel le 26 mai, donc pour la rentrée 1890, toujours avec aux manettes Sœur Tencé jusqu'en 1904. Les effectifs se maintenaient autour de 40 élèves (13 gratuits donc enfants pauvres en 1876), pour décliner au début du siècle : 34 en 1901, 37 en 1912. Quant au préau, il ne fut construit que 3 ans plus tard.

Les institutrices ayant succédé à Sœur Tencé furent Mlle Eugène, puis Mlle Garnier de 1906 jusqu'en 1932. Cette dernière rédigea en 1913 avec soin la très complète étude statistique qui nous donne une véritable « photographie » économique et sociale de la commune juste avant la Grande Guerre. Il y avait des cours d'adultes depuis 1912.

LE MESNIL BOEUFS Isigny le Buat

Entre les deux guerres on relevait encore 41 enfants âgés de 6 à 14 ans, sous la férule de Mme Bérard, et l'école, avec certains maîtres emblématiques (Lucien Frémin en 1947), Mme Vallet (15 élèves en 1950), Mme Sollier (1957), se maintint difficilement dans le cadre de différents projets de regroupements qui débutèrent en 1963. L'école ne ferma (institutrice Mme Odile Cahu depuis 1968) qu'en septembre 1971...il n'y avait plus que 8 élèves qui durent donc rejoindre Isigny-le-Buat.

La gare :

un siècle de fonctionnement

Un peu inaperçu maintenant que les rails ont été enlevés (en 1996-1997) pour céder la place à la « voie verte », propice à la promenade tant pédestre que cycliste, le chemin de fer fut, à partir de l'inauguration de la ligne Avranches-St-Hilaire le 16 juin 1889, un incontestable atout de développement pour toute la région, et particulièrement pour le canton d'Isigny qu'il traversait de part en part. Le premier train passa à la gare d’Isigny le 16 octobre 1889.

LE MESNIL BOEUFS Isigny le Buat

Cette ligne connut son apogée avant la Grande Guerre : le trafic y est assez important, dans la saison des pommes, c'est le va et vient incessant des « banniaux » venus de toutes les communes alentour, et faute de grue ou de quai d'embarquement idoine, on y voyait des voitures de pommes attendre une semaine et plus avant qu'il n'y ait assez de wagons pour expédier ces fruits. Tout arrive et repart de la gare : des bestiaux, du cidre, du bois, de la pierre, et bien sûr de nombreux voyageurs à un train disons « de sénateur » : il faut deux bonnes heures pour rallier Pontaubault, et près de huit, vu les changements, pour rejoindre Sourdeval ! Mais c'est quand même...le Progrès !

Le café restaurant de la Gare (actuellement tenu par Christophe Rallu) fut construit à cette époque par Auguste Sineux, offrant aux visiteurs véhiculés par les deux omnibus journaliers, le coup de cidre, le café et la « p'tite goutte » allant avec, il était aussi dépôt de pain et tabac et ce jusqu'en 1928. Il fut repris à la suite jusqu'en 1937 par M.Lesieur, puis René Doublet deux ans (1939), et enfin par la famille Boulay : Albert, son fils prénommé Albert également et son petit-fils Dominique ont fait prospérer l'endroit où on trouve encore actuellement un gros commerce de négoce des aliments du bétail (voir l'article précédent sur le commerce et l'artisanat)).

Les voyageurs ne s'arrêtaient plus depuis 1939, mais déjà, les wagons d'engrais avaient pris le relais pour accompagner les débuts de la modernisation de l'agriculture intensive. Les fameuses « potasses d'Alsace » notamment arrivaient en vrac par wagons de 50 tonnes, puis par sacs de toile de 100 kgs, mais avec toujours un problème de quai d'embarquement, le wagon devant être détaché, manœuvré avec un tracteur et déchargé à dos d'hommes : pour effectuer ces tâches, il ne fallait pas moins de 24 heures !

En 1976, la paille venue de régions céréalières permettra la soudure alimentaire des bovins au cours de cette année de sécheresse. Mais durant toutes les années 1960-1980, la grande activité sera celle du traitement des métaux et ferrailles liées à l'activité de l’entreprise Pinel et ensuite de la Sirec. Toutes ces masses métalliques étaient triées et sectionnées, puis embarquées dans des wagons de 25 tonnes chargés toujours manuellement, puis de 50 tonnes à l'aide d'une grue enfin bienvenue. Il fallait deux ouvriers à la journée pour remplir un de ces wagons qui partaient en général vers les hauts fourneaux de la SMN à Mondeville dans la banlieue de Caen.

C'est aussi à cette époque que disparurent du paysage les garde-barrières, hôtessses des typiques « maisonnettes », prenant juste à cette époque un relief tout particulier du fait de la célébrité à l'écran de la fameuse « Mère Denis » (1). On se souviendra que Mme Pacilly fut le dernier chef de gare d’Isigny.

Isigny ayant perdu ses envois de ferraille au profit de la route, la gare fut officiellement fermée le 6 janvier 1974. Cette procédure ayant pour objet de supprimer la consigne de ligne applicable au trafic régulier, il en ressortait qu'une circulation occasionnelle pouvait avoir lieu, mais avec quels délais ? Dans les années 1962-1965, ne passait plus qu'un train de marchandises par jour (Casam et Ets Lehec particulièrement), un tous les deux jours à partir de 1970, ensuite deux wagons par semaine chargés par la Sirec. Le dernier train de marchandises fut signalé sur la voie le 24 septembre 1989, le coup de grâce étant donné le 26 mai 1993 avec la fermeture définitive de la ligne Saint-Hilaire/Pontaubault .

(1) : figure légendaire de la « pub » à partir de 1972, Jeanne Calvé dit « la Mère Denis » tint le passage à niveau PN 69 au hameau de la Barbière (sur le Buat) de 1911 à 1922. Nous en parlons plus longuement dans la rubrique de la commune du Buat.

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